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L'ECHO Magazine

L’enseignement se doit d’être drôle pour être efficace

Tout enseignement se doit d’être drôle. Sinon il ne sera jamais qualitatif. Pour qu’il soit plus performant, l’apprentissage doit passer par l’émotionnel. C’est la base des nouveaux enseignements et des nouvelles écoles. Je le démontre dans les cours pour la prise en parole en public et l’entrepreneuriat que je donne. Si je ne fais pas rire les participants ou qu’ils ne prennent pas du plaisir, ils ne vont jamais capter autant qu’avec la joie.

Enfant déjà, j’avais cette intuition. Je donnais des cours d’appui en allemand et en mathématiques depuis mes 10 ans. Je me souviens d’un camarade qui est arrivé d’Iran. Il était très talentueux et avancé dans beaucoup de branches, mais il a dû rattraper plusieurs années d’allemand en seulement six mois. C’est ce que j’ai entrepris de faire sous la gouvernance de ma mère pour la partie pédagogique. Elle se tord encore aujourd’hui de rire en se rappelant moi sautant sur la table ou mimant la poule pour faire entendre les sonorités des mots du vocabulaire à apprendre. Je ne pensais pas faire la pitre mais j’avais une seule idée en tête : lui faire se souvenir de tous ces mots aux sonorités différentes dans la langue de Goethe. J’étais câblée enseignement, jeux mnémotechniques et hyper concentrée pour arriver à ces résultats.

Un jour, un coach de tennis de mon entourage s’extasiait joyeusement et bruyamment sur les résultats de ses élèves adultes. Sur le court d’à côté, les gens lui ont demandé de se taire. Il avait envie de hurler car il n’était pas en mode amusement gratuit comme le pensaient ces gens-là mais il suivait précisément un processus. D’ailleurs ce processus, je l’inclus dans mes offres en indiquant dans la méthodologie que les participants vont s’amuser. Peut-être pour me dédouaner par avance que nous allons nous amuser et rire tout en apprenant. Je me souviens de la douleur similaire quand une mère de mes élèves alors âgée de 17 ans m’avait fait le reproche que nous riions trop, sous-entendu au lieu de travailler, alors que moi je testais la technique de l’amusement et de l’enthousiasme pour faire rentrer ce vocabulaire de la langue allemande.

Pourquoi est-ce que l’amusement, la joie ou encore les émotions sont-elles dénigrées au profit du sérieux et de la stérilité dans l’enseignement alors que ces émotions sont la clé de l’apprentissage ? Imaginez une école dans laquelle on fait les meilleures notes en riant ? Le bonheur !

Tous les enseignements devraient intégrer ces notions. Je pense ici aux enseignements de la spiritualité. Et si le dalaï-lama ne riait pas, aurait-il le même impact ? Alors vive la joie et la légèreté dans toutes les formes d’apprentissage …