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Rendre visible l’invisible

Un jeudi après-midi à 16 heures, à notre showroom au Brassus, j’accueille un groupe de collectionneurs de montres anglais qui sont venus à la Vallée de Joux rendre visite à une très belle marque horlogère. Je les accueille en les emmenant dans un voyage émotionnel et musical avec une « Dégustation de son » un peu spéciale. Je souligne les aspects d’excellence et de passion qui nous lient dans nos métiers respectifs.

Beaucoup de liens peuvent être faits entre nos deux métiers en plus du fait que nous réalisons pour eux des écrins de résonance pour souligner la musicalité de leurs montres à répétition-minutes. Le plus important, c’est que nous créons, les horlogers de la haute horlogerie et nous luthiers du 21ème siècle, des objets « artisanaux-artistiques », où l’essentiel est invisible aux yeux. Acheter une montre à plus de CHF 50.- pour voir l’heure est inutile, surtout que l’heure est présente partout. Mais ce que cela nous procure de porter une telle montre, est totalement unique. Nous la regardons avec amour, nous la caressons et nous sommes heureux. Combien de paires d’yeux l’ont regardée jusque dans ses moindres détails, de mains l’ont touchée et de cœurs et d’âmes y ont contribué pour ajuster parfaitement ces rouages, travailler les mécanismes les plus compliqués et décorer toutes les pièces que nous ne verrons peut-être jamais car elles sont cachées dans le mouvement ? Même le dard, la plus petite pièce du mouvement que nous ne voyons pas à l’œil nu est décorée, anglée et polie.

Il s’agit d’une attitude, un peu comme dans la culture zen, à l’époque dans nos régions très croyantes, un seul nous regardais par-dessus l’épaule pour voir ce que nous faisions, et il fallait s’appliquer pour LUI. Ces objets reflètent un respect et une attitude. Et surtout, ils véhiculent une histoire que seuls ceux qui ont entrepris le long voyage dans cette Vallée de Joux et ses manufactures horlogères ou de lutherie ou encore en Forêt du Risoud peuvent décerner, comprendre et surtout ressentir. C’est ce qui transforme notre joie de posséder une de ces créations en un véritable attachement émotionnel à ces œuvres artistiques.

Et tout comme il faut du temps pour faire ces chefs-d’œuvre mécaniques ou de lutherie, ou encore au bois de résonance pour pousser, il faut se donner le temps pour comprendre et ressentir. C’est comme avec une œuvre d’art qui peut nous appeler ou nous parler. Lorsque nous avons la chance d’échanger avec le peintre, nous découvrons alors un univers unique qui nous liera à jamais à ces créations.

Nous avons de la chance si nous pouvons visiter une de ces manufactures horlogères et de parler aux gens qui font ces montres et qui nous racontent leur spécialité avec des étincelles dans les yeux.

Je parle à ce groupe de notre métier en leur donnant des exemples et des arguments pour raconter leur métier avec cette même passion … Et pour expliquer l’inexplicable, du moins pour leur faire ressentir quelque chose qu’ils n’oublieront à leur tour jamais !

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